Chère toi.

Coucou toi. Ça fait longtemps je sais.

À chaque fois que je vois passer ton profil sur mes notifs je me dis qu’il faut que je prenne le temps de t’écrire, alors aujourd’hui ça y est, je le fais.

Je suis désolée de ne pas avoir donné de nouvelles depuis. Ça fait quoi… Quatre, cinq ans?

Je vais te dire la vérité.

Je crois qu’en fait j’étais trop en colère, trop contrariée que tu sois partie et que tu fasses ta vie loin de moi, loin de nous, loin de nos souvenirs.

Maintenant que j’y pense, je trouve ça nul et plutôt égoïste de ma part.

En fait, je crois que je suis nostalgique de ma meilleure amie de l’époque, celle qui était là, rien que pour moi.

Tu te souviens, toutes ces nuits à parler de tout et de rien ? De nos délires qui n’avaient ni queue ni tête et qui nous tiraient des rires à rallonges. De toutes ces confidences que nous nous étions faites, qui avaient tissé ce lien si fort entre nous. De ces trains qu’on prenaient la nuit, rien que pour aller danser, avant de revenir au petit matin pour ne pas se faire choper. Des lettres qu’on s’écrivaient, des pleurs, des peurs partagées… et surtout des rires.

Ces rires qui voulaient tout dire.

À peine on se voyait, à peine on s’écrivait, on savait. Si l’une n’allait pas bien, l’autre était là pour elle, toujours. Jusqu’à ce qu’il soit là…

Ça a commencé là je crois. À cet instant même où je ne pouvais plus rien faire. J’étais trop loin, et toi, t’avais besoin de ce quelqu’un.

Pourtant, combien de fois je t’ai entendu pleurer, à cause de lui…

Puis, t’as commencé à faire semblant, me dire que tout allait bien. Je crois que tu avais besoin d’y croire.

Et moi à partir de là, je ne l’ai plus aimé..

Je crois même que je le détestais.

Parce que la moindre peine que je voyais sur ton visage, je la lui attribuais. Et ça, c’était insupportable.

Tu le savais. Et je crois que c’est aussi pour ça que tu t’es éloignée. Parce que tu avais besoin de vivre cette histoire, sans mon regard inquiet constamment posé dessus.

J’avais l’impression que ma meilleure amie disparaissait peu à peu.

On ne se disait plus tout, de peur d’inquiéter l’autre, de bousculer sa vérité. Nos rires n’avaient plus les mêmes intonations, nos rendez-vous se faisaient de plus en plus rares.

Et puis un jour, tu es partie. Loin, sans dire un mot.

J’ai appris par une amie que tu habitais à l’autre bout de la France.

Je me suis sentie trahie.

Quelque chose en moi s’est bloqué à ce moment précis. parce que cette fois c’était sûr, j’avais perdu mon amie.

Tu as pourtant essayé de me réécrire de temps en temps, pour prendre des nouvelles.

Mais mes messages étaient brefs, sans intérêt.

Pas parce que je ne voulais plus de toi.

Mais parce que j’étais bloquée.

Bloquée dans cette idée que tu m’avais abandonnée.

Que celles que nous étions ensemble n’allaientt plus jamais exister.

Alors bien sûr, si je t’écris aujourd’hui, ce n’est pas pour que nous nous retrouvions comme avant. Car la vie nous a changé, toutes les deux.

Mais je crois que j’avais simplement besoin que tu connaisses cette vérité là. La mienne.

Parce que malgré les années passées, notre histoire a compté, et elle compte encore aujourd’hui.

J’espère alors que tu pourras me pardonner et que tu comprendras ce que notre « nous » passé représente pour moi.

Ta Niouky.

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